LA MANCHE

 

Ce projet est centré autour d’un séjour en France, au cours duquel j’ai retrouvé ma famille paternelle.

 

Depuis 2014, j’ai traversé la Manche, enfin cette mer qui nous a séparés dans le passé semble s’être évaporée. Je retrouve mes racines françaises, et je fais la connaissance de ma demi-soeur Zaya qui est le fruit de la nouvelle vie conjugale de mon père. Je témoigne d’une enfance avec un père ‘hebdomadaire’, un fantôme qui m’a hanté l’esprit.

 

Ce travail photographique puise son inspiration d’une vague d’émotions qui continue à m’envahir. J’ai l’impression qu’en figeant ces instants de vie, qui semblent triviaux, je donne un sens à un passé douloureux. En substance, ce projet représente pour moi une forme de catharsis, une chance de reconnaitre et figer ces précieux instants manqués.

 

En documentant ce quotidien, la vulnérabilité du temps surgit. Cette unité qu’on fuit en permanence engendre presque un instinct primitif de survie. La fosse éternelle du temps qui passe, nous rappellant constamment notre mortalité. Je me demande comment serait le monde si cette unité de mesure qui rythme nos vies n’existait plus. J’ai l’impression que cette conscience constante, nous fait paradoxalement perdre conscience du moment présent. En définitive, Il n’ y a qu’un rythme, celui du coeur.